Collectif Jean de Neyman
La Résistance en mémoire

Site de recherches sur la vie de Jean de Neyman, Résistant, fusillé le 2 septembre 1944 à Saint-Nazaire (Heinlex) en Loire-Inférieure (Loire-Atlantique aujourd’hui) - France.

Mai 2026 - Commémoration à La Baule-Escoublac
Article mis en ligne le 9 mai 2026

par Patrice

Le 8 mai célèbre dans tout le pays la capitulation des nazis en 1945 ; - Pour être plus précis, ici, à la Baule-Escoublac, il faudrait retenir le 11 mai, puisque c’est alors que la Poche de Saint-Nazaire est libérée.


Un résistant y a vécu et enseigné dans cette ville, puis fusillé quelques mois avant : le 2 septembre 1944. Un résistant communiste nommé Jean de Neyman. Le P.C.F. et le Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure et son porte-drapeau honorent chaque année sa mémoire à La Baule-Escoublac devant la maison où il professait, puis se rendent à la cérémonie officielle de la ville ensuite. Vingt personnes, dont trois membres de sa famille (Dominique de Neyman (sa nièce), Claire Buchbinder (fille Dominique) et Hannah Stapf (fille de Claire) : trois générations*Voir arbre généalogique.…) ont écouté avec attention l’allocution de Françoise Cabon, membre du P.C.F..

Allocution
Françoise Cabon en lecture
© Photo Patrice Morel - 20260508-0010813

En ces temps troublés, « en ce quart du 21e siècle où le fascisme réapparaît dans nombre de pays du monde, prenons la mesure du défi et contribuons à la résolution des problèmes du monde actuel : racisme, pauvreté, santé, emploi, éducation, alimentation, culture, écologie, paix… ». Elle nous rappela aux derniers mots de Jean dans sa lettre pour garder espoir : « En vous embrassant, mes chéris, je vous écris la conclusion de ma vie, entre deux morales célèbres : " Il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. Tout le bonheur de l’homme tient dans ce devoir : Agir et Espérer " »
« Jean de Neyman a donné sa vie pour construire un monde de justice, de liberté et de paix. Soyons digne de lui. »

Allocution

(Seul le prononcé fait foi)

Le 2 septembre 1944, à Heinlex, Jean de Neyman, résistant communiste âgé de 30 ans, professeur agrégé de physiques, était fusillé par les nazis.
En ce 8 mai 2026, comme tous les ans, nous rendons à nouveau hommage à l’homme, à son esprit et à l’idéal qui l’animait.
Gardons-nous de réécrire l’histoire. Les opérations politiciennes pour sortir les évènements, les hommes et les femmes, de leur contexte historique, pour brouiller les repères, pour instrumentaliser l’histoire sont dangereuses. C’est à juste titre qu’elles sont condamnées par toutes celles et tous ceux qui sont attachés aux valeurs de résistance, de progrès, d’internationalisme et de paix.
Souvenons-nous des conditions dans lesquels Jean de Neyman a mené son combat pour que triomphe son idéal de justice, de liberté, de paix et d’émancipation humaine.
Né le 2 août 1944, Jean est issu d’une famille polonaise. C’est un élève brillant en mathématiques, en physique mais aussi en langues étrangères puisqu’’il parle couramment l’anglais et l’allemand, ce qui lui servira pour ses actions d’éclat dans la résistance.
Il entre en 1934 à la faculté de Strasbourg et c’est à cette époque qu’il s’inscrit au Parti Communiste Français (PCF).
Militant actif, il apporte des colis aux antifascistes emprisonnés en Allemagne.
Profondément antifasciste et idéaliste, il alla jusqu’à contracter un mariage blanc avec une jeune allemande empoisonnée pour propagande communiste et parvint à la faire sortir des geôles nazies.
Après le divorce, la jeune femme put retourner vivre en Allemagne.
Nommé professeur à Saint-Étienne, il est chassé de l’enseignement public en 1940 en tant que fils de polonais et juif. Il s’exile alors à La Baule où il devient professeur au cours privé « Le Cid ».
Il réside dans cette maison devant laquelle nous sommes rassemblés aujourd’hui au 12 de l’avenue de la Pierre Percée. La plaque apposée sur ce mur en fait foi.
Alors que la dictature semble s’imposer partout en Europe, il côtoie les F.T.P. et lie des relations solidaires avec le groupe PCF de La Baule au lieu-dit « Kercoco » peuplé d’immigrés italiens (ce groupe eut la volonté de le sauver par les armes lorsqu’il fut captif des allemands sans y parvenir). Il devient un animateur de la résistance active dans la région.
Ainsi, après le tir de deux résistants sur des soldats allemands, la Kommandantur de Guérande prend dix otages qu’elle menace de fusiller. Jean aide les résistants à quitter la région, puis habillé en allemand au guidon d’une bicyclette allemande, il porte une lettre rédigée par ses soins à la Kommandantur, annonçant que le chef de la Kommandantur sera exécuté et on tirera sur tout soldat sortant en ville si les otages sont fusillés. Le stratagème réussit et les otages sont libérés.
Début juin 1944, il entre dans la clandestinité et constitue une équipe très active : coupures de câbles électriques et téléphoniques, sabotages de transformateurs, destruction et désamorçage de mines.
Deux soldats allemands déserteurs rejoignent le groupe début août mais ils sont surpris par une patrouille allemande le 17 août. L’un d’eux est capturé et Jean est arrêté en essayant de le secourir. Au camp Franco à Gron où ils sont transférés, le déserteur allemand dénonce le groupe mais Jean de Neyman persuade ses juges qu’il est le seul coupable. Condamné à mort le 25 août 1944 il fait, comme il le dit lui-même, « volontairement et en connaissance de cause le sacrifice de sa vie à sa patrie et à ses amis » . Son courage et son sens de l’’honneur ont impressionné les allemands eux-mêmes.
Avant de mourir il écrira une lettre d’adieu mouvante à ses parents : « Vivez pour continuer à faire progresser le monde, comme vous-mêmes m’avez appris à le faire. J’ai conscience encore plus aujourd’hui combien tout ce que j’ai fait est au fond votre œuvre et je vous prie de faire quelque chose de bien de chacun de vos petits-enfants actuels et futurs et que ce soit en pleine conscience d’homme qu’ils sachent faire leur devoir d’homme.
En vous embrassant, mes chéris, je vous écris la conclusion de ma vie, entre deux morales célèbres : " Il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir
pour persévérer.
Tout le bonheur de l’homme tient dans ce devoir : Agir et Espérer " »

À titre posthume, un décret du 26 avril 1956 attribue à Jean de Neyman la médaille de la Résistance.
En ce quart du 21e siècle où le fascisme réapparaît dans nombre de pays du monde, prenons la mesure du défi et contribuons à la résolution des problèmes du monde actuel : racisme, pauvreté, santé, emploi, éducation, alimentation, culture, écologie, paix…
Il revient à toutes celles et tous ceux qui, comme nous, portent aujourd’hui l’idée de résistance au cœur de faire passer la flamme de l’indignation de génération en génération. Continuons de résister et de s’opposer.
Jean de Neyman a donné sa vie pour construire un monde de justice, de liberté et de paix. Soyons digne de lui.

Françoise CABON*Membre du P.C.F., lit l’allocution commune au parti et au Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure.

Télécharger l’allocution en Pdf

Galerie photos

<p>De G à D : Claire Buchbinder, Olivier Guivarc'h, Hannah Stapf, Dominique de Neyman</p>© Photo Patrice Morel - 20260508-0010768 <p>Françoise Cabon, membre du PCF.</p>© Photo Patrice Morel - 20260508-0010801 <p>20 personnes ont rendu hommage à Jean</p>© Photo Patrice Morel - 20260508-0010807 <p>Françoise Cabon en lecture</p>© Photo Patrice Morel - 20260508-0010813 © Photo Patrice Morel - 20260508-0010781 <p>Créé pour l'anniversaire des 80 ans de son exécution, il est toujours actuel.</p>© Photo Patrice Morel - 20260508-0010736 <p>Salutations à Franck Louvrier (Les Républicains], maire de la Baule-Escoublac par Françoise Cabon (PCF) et Dominique de Neyman.</p>© Photo Patrice Morel - 20260508-0010853 © Photo Patrice Morel - 20260508-0010865 © Photo Patrice Morel - 20260508-0010735 © Photo Patrice Morel - 20260508-0010741

Note : Le ’’i’’ bleu en haut et à gauche qui apparaît sur certaines images vous donne une information sur le document présenté.
Personnes présentes et connues sur les photos : Claire Buchbinder (Fille de Dominique de Neyman), Françoise Cabon (Membre du P.C.F.), Dominique de Neyman (Nièce de Jean de Neyman), Jean-Yves Durigneux (Porte-drapeau du Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure*Résistance 44 est le site du Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure), Olivier Guivarc’h (Documentaliste), Franck Louvrier (Maire de La Baule-Escoublac), Catherine Morel (Adhérente au Collectif Jean de Neyman), Patrice Morel (Administrateur du Collectif Jean de Neyman), Christine Renévot (Épouse de Yvon Renévot), Yvon Renévot (Responsable de la Section du P.C.F.), Christian Retailleau (Président du Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure*Résistance 44 est le site du Comité Départemental du Souvenir des Fusillés de Châteaubriant et Nantes et de la Résistance en Loire-Inférieure), Hannah Stapf (Fille de [Claire Buchbinder→66]).

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